Archives Mensuelles: février 2012

Une pensée pour Mozilla Sénégal

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Grosse envie de vous parler de nos cousins mozilliens sénégalais, que j’ai eu la chance de rencontrer voici presque un an avec mon geek et d’autres employés Mozilla. A l’époque, ce blog n’existait pas. Je le regrette, car j’aurais eu tant de chose à raconter sur ce voyage extraordinaire ! Je vais essayer de le faire à rebours, en condensé.

La naissance de Mozilla Sénégal

D’autant que, ça ne vous aura sans doute pas échappé, il se passe des choses au Sénégal. Abdoulaye Wade persiste à vouloir se présenter à sa réélection, l’opposition parle d’atteinte à la Constitution. Youssou N’Dour n’a pas été autorisé à déposer sa candidature. Et la rue s’agite. Des heurts sporadiques ont lieu. Des manifestations sont organisées, bien qu’interdites. Les Sénégalais défilent courageusement, la police intervenant à chaque fois. Le climat est délétère.
Nos cousins sénégalais sont au milieu de tout ça. Ils sont acteurs de ce qui se passe dans leur pays. Ils militent encore et toujours pour la Liberté. Sur Internet, et dans la vie quotidienne. Ils forcent l’admiration.

Le week-end dernier, ils ont notamment lancé un Jetpack Tour, pour former leurs compatriotes. Une excellente idée pour les initier à la création d’extensions. Mais si vous connaissiez Camara, vous sauriez qu’il a toujours des excellentes idées ! Ils étaient 4, ce qui peut paraître peu, mais en fait, c’est génial ! 4 personnes ont bravé l’insécurité et les tensions pour partager leurs connaissances, apprendre, et commencer à créer des extensions.

Mais qui est Camara ? Impossible de parler de la communauté Mozilla Sénégal, sans parler de lui, alias mmkmou. Il EST la communauté Mozilla Sénégal. C’est lui qui lui a donné naissance et continue de la porter à bouts de bras.
J’ai eu la chance de faire sa connaissance il y a un an. Il nous avait invités pour participer au lancement de sa communauté et avait organisé un cycle de conférences dans les écoles d’informatique de Dakar, des ateliers, des rencontres diverses… A l’heure près !
Imaginez un petit bonhomme, tout frêle et tout timide. Mais complètement geek (je le vois encore le matin, arrivant avec ses petits yeux pleins de sommeil car il avait codé toute la nuit). A Dakar, Camara participe à tout ce qui a trait au logiciel libre : Dakar Lug, développement sur mobile, communauté Drupal… la liste de ses capacités est longue, et sa volonté est immense. il n’a de cesse d’organiser des événements pour sa communauté (Meetup Ramadan, ateliers sur Thunderbird, journées Mozilla, etc.), et de chercher de nouveaux contributeurs. En fait, Camara est tout simplement GÉNIAL, une merveilleuse personne.

Camara !

Dès le premier jour, mon geek et moi avons assisté à une journée organisée par la communauté Drupal. Et les conférences étaient passionnantes !  C’est là que nous avons compris le courage, la volonté des Sénégalais. Lors de notre séjour, nous avons participé à l’un des ateliers qu’ils organisent tous les mercredis, pour apprendre le développement pour téléphones portables… sans avoir eux-mêmes de smartphones ! Qu’on se le dise : rien ne les arrête, ils aiment le Logiciel Libre et entendent bien participer à tous les projets qui le composent. Et ils le font avec talent !

Au Sénégal, nous avons donc découvert une importante communauté soudée autour du Logiciel Libre. Une communauté pleine d’envies et de projets. Des gens passionnants et talentueux qui malheureusement doivent composer au jour le jour avec des coupures d’électricité. C’est leur principal problème, et il doit être pris au sérieux. Mettez-vous à leur place: lorsqu’ils développent, créent leur site Internet, ils sont sans cesse interrompus, parfois pendant plusieurs heures. Lorsqu’ils trouvent de la documentation, le temps de la télécharger, une coupure, et il n’y a plus qu’à recommencer. Lors de nos ateliers dans les écoles, il est arrivé plusieurs fois que l’on doive se contenter d’écrire sur un tableau, sans plus pouvoir les faire pratiquer IRL. Et pourtant, des jeunes viennent de toute l’Afrique de l’Ouest étudier au Sénégal, car ils savent qu’il y a de bonnes écoles d’informatique. Mais des écoles dépendantes du courant, et de professeurs qui connaissent rarement le Logiciel Libre (mais est-ce si différent en France ?).

Dans ces écoles, il y avait aussi beaucoup de femmes, souvent près de la moitié des étudiants. Une bonne surprise. J’ai rencontré notamment une jeune fille prénommé Yacine, membre du club scientifique de l’ESTM, et qui m’a expliqué que les femmes étaient là-bas considérées comme étant les égales des hommes. Le problème, c’est qu’elles ont difficilement accès, avant l’université, aux ordinateurs. Et souvent, au sein de leurs familles, elles sont responsables du ménage, des enfants, d’aller chercher l’eau du puits, etc. En gros, elles doivent gérer la vie de tous les jours, et du coup, les garçons sont plus souvent envoyés à l’école que les filles. Lors de la conférence que j’ai donné là-bas sur WoMoz, elles m’ont dit que leur objectif était du coup d’aller dans les écoles primaires et les villages pour convaincre les filles de poursuivre leurs études.

Avec Yacine

Notre séjour a également été organisé en partenariat avec Jokkolabs, le 1er espace de coworking d’Afrique de l’ouest, soit une initiative à but non lucratif qui a pour mission de susciter la réflexion et l’expérimentation de l’innovation technologique et sociale en Afrique. Jokkoloabs a été créé par Karim Sy, un vrai entrepreneur dans l’âme, un homme adorable qui investit toute son énergie dans ce projet, parce qu’il croit dans le modèle économique du Logiciel Libre. Nous pouvions aussi compter sur Emmanuelle Bouiti, community manager pour Jokkolabs, et véritable boule d’énergie. Elle a assuré toute l’organisation, et est redoutable d’efficacité et de générosité. Emmanuelle, c’est le genre de personnes que vous pouvez appeler à n’importe quelle heure, et qui a toujours une solution ! Et puis, elle les aime ses geeks ! Elle en prend soin, et fait tout pour que leurs projets voient le jour. Je profite d’ailleurs de ce billet pour lui souhaiter à nouveau tous mes vœux de bonheur à elle, et à Stefano, son fiancé.

Stefano et Emmanuelle

Emmanuelle et Karim ont orchestré le bouquet final de notre séjour : une grande soirée au Village des Arts, ou comment concilier Logiciel Libre et liberté artistique. Mozilla Sénégal a officiellement été lancé à cette occasion, nous avons essayé de danser aussi bien qu’eux (pari perdu !), et nous avons ri ! Jusqu’au bout de la nuit.

Photo de William Quiviger

Conclusion :
Mozilla Sénégal poursuit dans les prochains mois son Jetpack Tour. Il va y avoir également une tournée organisée dans tout le Sénégal, pour aller à la rencontre des gens, leur parler du Logiciel Libre. Et il y a toujours la localisation de Firefox en Wolof en gestation.
J’ai désormais une conviction : Mozilla a besoin de sa communauté au Sénégal. Mozilla a besoin de l’Afrique. Il y a tellement d’envie, tellement d’énergie, tellement d’ambition. Et puis Mozilla a besoin de Camara :-)

PS : j’attire aussi votre attention sur une initiative remarquable. Plusieurs blogueurs ont créé la plateforme citoyenne Sunu2012, qui a pour objectif de diffuser une information libre et transparente sur les différents candidats, une information qui s’affranchirait de la censure, à l’image de ce qui s’est passé sur les réseaux sociaux pendant les Révolutions arabes. Objectif : faire pression pour des élections démocratiques, et inciter les gens à aller voter, en toute connaissance de cause.

Capture d'écran du site Sunu2012

Petit coup de gueule contre Windows…

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Je sais, déjà, oser parler de Windows lorsque l’on partage la vie d’un geek libriste, c’est limite. Mais rassurez-vous, ce n’est pas pour en dire du bien car je suis très désappointée (comme dirait un certain Zorg…) par ma récente mésaventure, que voici :

Je viens de faire l’acquisition d’un mini ordinateur portable, tout mignon, tout beau, et tout rose :D La couleur est une lubie, je me suis fait plaisir, et j’avoue avoir choisi CE PC parce que je le trouvais joli. Mais bon, c’est mon droit, je suis une Madame Michu :-)

L'objet du délit

Au-delà du côté esthétique, j’avais besoin d’un petit ordinateur, pour pouvoir l’emmener aux différents événements auxquels je participe. Marre de me trimballer mon gros ordi dans un sac à dos au JDLL, RMLL, UP, Fosdem, etc. (note : les geeks adorent les acronymes). Et puis marre de devoir prendre un sac à dos. Qu’on se le dise, j’aime les sacs à main ! C’est plus facile pour attraper le téléphone portable, mon carnet de note, mon stylo, etc. (Il y a beaucoup d’etc., car il y a toujours beaucoup de choses dans mon sac à main)

DONC : je commande mon ordi à la belle couleur. Mon geek acquiesce tout en étant un peu perdu par mes nouvelles velléités informatiques (rendez-vous compte, j’ai désormais 2 laptops, dont un sur ma table de nuit, il a l’impression que bientôt, je vais vouloir dormir avec un clavier…), estime que cet ordi correspond à mes besoins, et l’accueille avec moi. Oui parce que, je reste une Madame Michu, hein, je suis toujours un peu apeurée par tous les messages qui s’affichent sur un écran, surtout quand on allume la bête pour la première fois.

Je n’ai pas été déçue ! Passées les polices de caractères toutes moches de HP qui voulait à tout prix que je m’enregistre (j’ai bien sûr dit "NON", je suis à bonne école, et mon geek me surveillait), est apparu, bien évidemment… Un Windows ! Normal. En bonne Madame Michu que je suis, ça ne me dérange pas : Windows, je connais bien, ça me rassure. C’est même tout ce qui me raccroche à mon ancienne vie d’avant de devenir une copine de geek : je suis toujours sous Windows parce que je crains les Linux ("ligne de commande", ça m’angoisse), et que mon petit ami refuse de faire la hotline. Alors si je dois gérer moi-même un Linux… Non merci ! Je sais, les ubunteros vont me dire "mais non, ça marche très bien", sauf que j’ai une de mes amies qui, par souci de déontologie, a justement installé une Ubuntu, toute seule, et elle ne s’en est pas sortie… (Ophélie, si tu me lis, je compatis !)

Alors, vous êtes une Madame Michu, vous venez d’allumer votre ordinateur pour la première fois… Qu’est-ce que vous faites ?
1/ J’installe Firefox (ça, c’est parce que mon geek travaille pour Mozilla et qu’il est toujours derrière mon épaule, souvenez-vous).
2/ Je fais ce que j’avais l’intention de faire en premier = changer mon fond d’écran pour mettre un pitichatoumignon… Et c’est là que ça se complique ! Au bout d’un quart d’heure, après avoir fait "clic droit" et étudié toutes les fonctionnalités, après être allée dans le "panneau de configuration", après avoir fouillé les options d’affichage, eh bien je n’avais toujours pas trouvé comment changer ce p… de fond d’écran ! La HONTE !

En désespoir de cause, je demande à mon chéri, et à un autre geek de ses amis, qui était en train de jouer à Micromachines 2 avec lui, de m’aider. Sourire entendu de ces messieurs ("elle n’est même pas capable de changer son fond d’écran, ahahah"), avant de s’emparer de l’objet (rose, dois-je le rappeler, ce qui faisait un tableau assez touchant de 2 geeks autour d’un mini-ordinateur flashy). Et là, vengeance ! Au bout d’un quart d’heure, et après avoir fait les mêmes manipulations que moi, plus quelques lignes de commande (en gros, parce qu’en fait, le processus était beaucoup plus complexe, mais évidemment je n’ai rien compris), l’échec, le FAIL… La HONTE pour eux également !

C’est en recherchant sur Internet, qu’ils ont fini par trouver la réponse : je n’ai pas un Windows 7 comme les autres, mais un Windows 7 "Starter". Tenez-vous bien, quand vous avez ce Windows, vous n’avez pas certaines fonctionnalités aussi basiques que celles de vouloir changer l’apparence !! Pour le faire, vous devez télécharger un programme (gratuit, je le précise). C’est N’IMPORTE QUOI ! Si je ne m’abuse, "Starter", ça signifie implicitement "débutant". Quand vous êtes une Madame Michu, généralement, vous "débutez" en faisant mumuse avec votre écran de veille, votre fond d’écran, toussa, toussa. Et là, les ingénieurs super intelligents de Windows ont considéré qu’au contraire, on était trop bêtes, ou pas intéressés pour vouloir le changer. Une preuve supplémentaire du manque flagrant de considération à l’égard de Monsieur et Madame Michu. Car tout de même, il m’a fallu deux ingénieurs de Mozilla pour réussir à avoir mon pitichatoumignon !

Windows fait du mal aux chatons, qu’on se le dise ! (Contrairement au "Pack Liberté" :-))

Mon pitichatoumignon à moi, comment ne pas vouloir le mettre en fond d'écran ?

C’est quoi le Logiciel Libre ?

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Voici ma vision du Logiciel Libre, une vision qui n’engage que la Madame Michu que je suis… Une vision que je me suis forgée au contact de geeks comme le merveilleux Lionel Allorge, de l’April… J’attends vos commentaires !

Alors, c’est quoi le Logiciel Libre en termes simples ? En gros, c’est une philosophie qui permet de façonner Internet à son image, de moduler des logiciels en fonction de ses besoins. C’est quelque chose que l’on ne peut pas faire avec Windows et Mac qui nous imposent leur utilisation de l’informatique, leur vision de l’Internet. Et tant pis pour vous si cela ne correspond pas à vos besoins.

Le Logiciel Libre repose sur 4 « libertés » que je vois comme ça :
0) Liberté d’utiliser le programme pour tous les usages (donc sans restriction).
Imaginez un gâteau : on vous le donne, vous en faites ce que vous voulez, vous ne devez rendre de compte à personne.
Dans le cas de Mozilla, et pour tous les logiciels proposés comme le navigateur Firefox, vous pouvez les télécharger autant de fois que vous voulez, vous en servir à la maison comme au travail : c’est vous qui voyez et Mozilla ne vous demandera aucun compte.
1) Liberté d’étudier le fonctionnement du programme et de l’adapter à son besoin, et donc d’accéder a son code source (la recette) ; ceci permet à tout un chacun de vérifier le fonctionnement du logiciel indépendamment de l’éditeur.
Si on garde l’idée du gâteau, non seulement vous en faites ce que vous voulez, mais vous avez accès à la recette de cuisine.
Vous avez accès au Code Source de tout ce que propose Mozilla.
2) Liberté de créer et de redistribuer des copies ; ceci permet d’aider son prochain, et de créer des communautés d’utilisateurs qui participent pleinement à l’amélioration de la qualité des logiciels (ces copies peuvent être distribuées gratuitement ou contre rémunération).
À partir de la recette que l’on vous a donnée, vous pouvez refaire le gâteau à l’infini, et le faire goûter autour de vous, sans payer la personne qui  vous a donné la recette !
Mozilla c’est pareil : vous pouvez reprendre leur code source autant que vous le voulez et le donner à autant de personnes que vous le souhaitez ! Vous qui l’avez obtenu gratuitement (puisqu’en libre accès sur Internet), vous pouvez même le revendre si vous le voulez à d’autres personnes !
3) Liberté de modifier et de redistribuer des versions modifiées ; pour un utilisateur n’étant pas programmeur, cette liberté vous permettra de faire réaliser des améliorations par des programmeurs, bénévoles ou rémunéré.
Vous pouvez améliorer le gâteau, et sa recette, et le vendre si vous voulez ! En plus, vous avez souvent une communauté de cuisiniers avec qui partager votre expérience.
Vous pouvez modifier le Code Source de Mozilla à votre guise, la seule chose que vous ne pouvez pas prendre à votre compte, c’est le logo de Firefox qui est protégé. Mais sinon, vous pouvez créer des projets à partir du code de Mozilla, l’adapter à vos besoins, sans rien devoir à personne ! Et en plus souvent vous trouverez sur votre chemin d’autres personnes qui maîtrisent ce code et qui pourront vous aider, partager vos expériences !
Car Mozilla forme une immense communauté mondiale où chacun s’entraide au nom du Logiciel Libre. Parce que l’on croit tous en un Internet ouvert, respectueux des libertés de chacun.

Fosdem 2012 : mon compte-rendu

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C’est officiel et définitif : j’adore le Fosdem ! C’est la 2e fois que j’y participais, la première fois que j’y faisais une conférence, et je trouve vraiment que c’est un super événement. Et je ne dis pas ça pour la bière puisque je n’en bois jamais (eh oui, je suis Française, c’est le vin que je préfère :-)).

Ce que j’aime au Fosdem c’est qu’on s’y sent toujours bien, presque en famille. Partout où vous allez, vous rencontrez des gens qui partagent vos valeurs, et ont envie d’en parler. Et puis au vu de la foultitude de conférences, il faudrait être difficile pour ne pas trouver son bonheur !

Surtout, tous les ans, je repars du Fosdem avec plein d’idées de portraits pour le Bonjour Mozilla, tellement j’ai rencontré de personnes intéressantes, touchantes, passionnantes… Cette année, mention spéciale pour : Otto, Chewey (même s’il m’a fait tourner en bourrique), Xavier, Santiago, Thomas, Darkknow, Cmal, Rosana, David, etc, etc, etc. Vous allez les voir apparaître sur Bonjour Mozilla dans les jours à venir, et vous comprendrez sans doute pourquoi je les trouve géniaux.

Bon, la seule difficulté pour moi, c’est l’anglais. Je ne me sens pas à l’aise en anglais, ça m’angoisse. Souvent je ne me focalise que sur les fautes que je fais, et je me bloque. C’est pour ça que j’ai longuement hésité à faire ma conférence. Et puis elle me tenait tellement à cœur que je me suis lancée ! Je tiens d’ailleurs à remercier Benoît Leseul, pour m’avoir convaincue de la présenter, Yaloki (de l’orga du Fosdem) pour m’avoir aidée, et Delphine pour avoir été à mes côtés le jour J pour me traduire les questions si besoin.

Mais quel est donc ce sujet qui compte tellement pour moi que je me suis forcée à parler anglais pendant 50 minutes ?! Il s’agit des relations entre les libristes et les Monsieurs et Madames Michu. En gros, entre les geeks velus, et les gens comme moi qui techniquement ne comprennent rien.

Entendons-nous bien, pour moi, le terme de « Monsieur et Madame Michu » n’est absolument pas péjoratif puisque je revendique moi-même d’être une Madame Michu. Parce que je pense que c’est justement mon côté Madame Michu qui apporte le plus à Mozilla… C’est ça que je voulais démontrer aux geeks présents au Fosdem, pour qu’ils accueillent les personnes non techniques à bras ouverts.

Photo : Julia Buchner

Tout ce que je demandais aux personnes qui venaient assister à ma conférence c’est d’avoir le sens de l’humour. Pendant 30 minutes, j’ai en effet brocardé les geeks, leurs discussions interminables et incompréhensibles par des gens comme moi, leurs goûts bizarres, et leur tendance à ne pas savoir lever le nez de leur ordinateur. Je leur ai expliqué ce que moi j’avais ressenti la première fois que j’ai rencontré les membres de la communauté Mozilla : de la peur, un sentiment de solitude.

Et puis des gens ont pris le temps : mon copain, ou encore Pascal Chevrel… Patiemment, ils m’ont expliqué ce que faisaient tous ces gens aux t-shirts enfantins… Et je suis devenue admirative !

Le Logiciel Libre, techniquement je n’y pige toujours rien. Mais je suis devenue fan de la philosophie (l’entraide, le partage, l’ouverture, etc.), je le vois comme quelque chose d’éthique. Et je me suis rendue compte qu’en plus, technologiquement parlant, cela rend bien des services, et c’est super efficace !

Le problème c’est que la communauté du Libre est une communauté soudée, mais une petite communauté. Comme les libristes vivent en vase clos, ils ont souvent l’impression que tout le monde comprend ce qu’ils disent et ce qu’ils font… ce qui est tout sauf le cas ! Alors parfois, ils créent des logiciels qu’ils sont les seuls à pouvoir maîtriser, voire utiliser… comment voulez-vous que le Libre conquière le monde si seulement quelques initiés le maîtrisent ?

D’où l’intérêt d’accueillir des M. et Mme Michu dans les communautés. Pas tous : ceux qui sont suffisamment ouverts d’esprits et à qui cette philosophie va parler. Ils pourront ensuite être le relais entre le Logiciel Libre et le grand public.

Mais pour cela, les geeks libristes vont devoir faire des efforts:

- Lever le nez de leur ordinateur, voire abandonner leur ordinateur pour un moment

- Se préparer à répondre à des questions stupides (“Comment vous gagnez votre vie si c’est gratuit ?”, “Mon ordinateur marche pas, pourquoi ?”, etc.)

- Ne pas être trop technique, et accepter que la personne en face puisse confondre un navigateur avec un moteur de recherche…

- Ne pas dire “RTFM”!!

Choisir ensuite les thèmes à aborder, plus séduisants pour une personne “normale”:

- Le côté gratuit de certains Logiciels Libres. JE SAIS, ce n’est pas parce que c’est libre que c’est gratuit ! Mais le fait est que c’est fréquent, et que ça parle aux gens !

- La philosophie du Logiciel Libre, les 4 libertés, etc.

- La communauté : le fait que lorsqu’on y est, on communique avec des gens du monde entier!

Enfin, leur proposer des contributions, pour les intégrer:

- La localisation

- Le support

- L’organisation, la communication, etc.

Globalement, cette conférence a été bien accueillie, ce qui me ravit ! J’étais heureuse aussi d’entendre les rires.

Les questions qui ont suivi étaient très intéressantes ! Je retiens plusieurs choses:

- Plusieurs personnes m’ont expliqué que c’était vraiment difficile pour elles de trouver des sujets à aborder avec le grand public… Nous avons convenu qu’il pourrait être utile de préparer une liste de questions/réponses pour le grand public

- Une personne a pointé du doigt le fait que les manuels étaient souvent trop techniques, qu’il n’existait pas d’intermédiaire, de manuels sur le Logiciel Libre qui soient grand public. Je trouve cela très juste ! Et c’est sans doute quelque chose à quoi nous devrions réfléchir.

- Un professeur a raconté que chaque année il proposait une liste de sujets ayant trait au Logiciel Libre à ses élèves. Chacun ne doit en choisir qu’un, et ensuite voir ce qu’il en retient, ce qu’il en comprend. Une excellente initiative qui l’a conduit à venir au Fosdem avec 7 élèves cette année ! Eh oui, 7 élèves lui ont demandé de les y emmener tellement ils s’y intéressaient.

- On m’a aussi parlé de la nécessaire sensibilisation des politiques à la question du Logiciel Libre. Une excellente suggestion était de proposer aux militants de tous les partis de venir leur faire une conférence sur le sujet. Je pense qu’il serait intéressant d’y réfléchir ! Surtout qu’en France, nous sommes en pleine campagne présidentielle…

- Enfin, j’ai bien compris que beaucoup aimeraient surtout voir plus de Madames Michu… Pour le moment, je n’ai pas de solutions toutes faites. Mais beaucoup de pistes, grâce à WoMoz qui œuvre à faire venir plus de femmes dans le Logiciel Libre !

En tous cas, je compte bien faire d’autres conférences, car j’ai vu au nombre de questions et de personnes qui sont venues me voir après, que je n’étais pas la seule à me préoccuper de ce sujet :-) Merci à toutes les personnes présentes pour leur accueil et leur bienveillance, et à l’année prochaine !

Mes slides :

Mozilla Tunisia Tour : quoi d’autre ?

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Deux membres de ce tout nouveau hackerspace sont venus nous présenter leurs différents projets… Impressionnant et étourdissant ! En vrac, je citerais :

- un groupe de réflexion pour la création d’un “Parti Pirate” tunisien

- la création d’un CCC tunisien, pour rassembler hackers et non hackers

- la création d’un laboratoire pour travailler sur des outils de démocratie directe, ainsi que d’un site pour aider à faire des recherches dans les sites gouvernementaux qui sont très mal référencés sur Google

- la création d’un site de e-pétitions pour que les citoyens puissent continuer de s’exprimer après la Révolution

- la création de telecomix.tn pour exercer une lutte quotidienne contre la censure

- l’organisation de docsprints, et même d’un codesprint spécial Firefox

Et puis il y a ce merveilleux projet qui sera bientôt une réalité  : pendant un mois, les hackers vont organiser, en partenariat avec OpenStreetMap, une caravane qui va sillonner toute la Tunisie pendant un mois. Nos hackers ont invité toutes les communautés à venir les rejoindre. Il y aura donc des représentants de Mozilla Tunisie pour aller à la rencontre des gens dans l’ensemble du pays !

  • L’atelier Boot-To-Gecko

Le lendemain des conférences sur Mozilla et WoMoz a eu lieu la première journée thématique du Mozilla Tunisia Tour. Elle était intitulée "Esprit du mobile" et était placée sous l’égide de Mounir Lamouri et Vivien Nicolas, deux employés Mozilla travaillant actuellement sur le projet Boot-To-Gecko (ou B2G). L’un de ces deux employés est cher à mon coeur ;-)

Professeur Vivien

Les deux compères ont commencé par une présentation générale de B2G, expliquant en quoi il s’agissait d’une nouvelle révolution annoncée, à l’image de Firefox sur Internet. Ils ont aussi présenté les aspects techniques de B2G, et le calendrier prévisionnel. Un calendrier qui fait peur : B2G devant sortir avant la fin de l’année (autant vous dire que je risque de ne pas beaucoup voir mon geek en 2012…).

Professeur Mounir

L’après-midi, Vivien et Mounir se sont mués en professeur, et organisé un atelier. Les étudiants étaient répartis selon leur école, et devaient développer une application fonctionnant sur Boot-to-Gecko. Un succès ! D’abord, je dois dire que les professeurs m’ont semblé merveilleux, de pédagogie et de patience. L’image de ces 2 garçons assaillis, entourés en permanence, était magique, et montrait à quel point B2G est un projet attendu. Ensuite, les étudiants ont fait preuve de beaucoup d’intérêt et de talent. En tout, ils ont créé 4 applications (que Vivien conserve jalousement dans son téléphone) : une calculatrice, un convertisseur bidirectionnel Celsius/Fahrenheit, un QCM, et un jeu à base de logos Firefox, Linux, Thunderbird, etc. Nos professeurs en herbe étaient ravis, et manifestement, leurs “élèves” aussi puisque l’atelier a largement dépassé l’horaire prévu.

  • Le karaoké

Les Tunisiens sont fous, vous le saviez ? Nous, on l’a découvert ce samedi 21 janvier ! En plein milieu de l’atelier B2G, ils ont organisé… Un karaoké ! Ambiance surréaliste : tous se sont mis à chanter et à danser au milieu des tables, avec beaucoup de conviction ! Sincèrement, c’était génial, complètement décalé, incroyable. Ils ont réussi à faire participer tout le monde, comme un prélude à ce qu’ils comptent faire avec le Logiciel Libre dans les mois à venir.

Plus généralement, leur joie de vivre m’a marquée, leur sens de la fête également. Chaque moment que nous avons passé avec eux, chaque endroit où ils nous ont emmenés, fut le théâtre de fous-rires indescriptibles. Ce sont de bonnes natures et d’excellents hôtes. Des taquins aussi : je me suis retrouvée à danser la Macarena sur Airmozilla sans le savoir… Grrr !

Des fous, je vous dis !

Conclusion

Que du positif ! Que du bonheur !

- Je porte les personnes que nous avons rencontrées dans mon cœur, et espère pouvoir continuer, à distance, à être là pour elles. Bien des personnes me manquent !

- L’espoir est immense, mais la confiance également : nous avons fait la connaissance d’une communauté structurée, très bien organisée, dont les leaders sont charismatiques et énergiques.

- Un nombre incroyables de talents : la preuve par les applications réalisées, mais aussi par le bon niveau des discussions avec nos développeurs Mounir et Vivien. Et ce n’était qu’un début ! La communauté tunisienne recherche maintenant des intervenants pour venir animer des ateliers sur JetPack, Python, etc.

- Nos amis ont un vrai talent pour le karaoké ! On a intérêt à s’entraîner pour notre prochaine visite… Idem pour la danse. Mais la prochaine fois, je vous apprends le Madison, et rira bien qui rira le dernier !

- La nourriture était excellente (encore une fois, mention spéciale au couscous de la maman d’Ahmed, mon palais en frétille encore)… Ce n’est évidemment pas l’essentiel, mais ça fait partie du charme du voyage.

- Les petits chats étaient nombreux et tous mignons ;-)

Un pitichatoumignon parmi d'autres

Voilà, c’est fini. Vous qui me lisez, j’espère vous avoir donné envie d’aller les voir, leur donner un coup de main, ou partager un karaoké avec eux !

Mozilla Tunisia Tour : la conférence sur WoMoz

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Cette conférence était, à l’origine, la principale raison de ma présence en Tunisie. Voici bientôt 6 mois que je dialoguais avec Melek Jebnoun par mails, que je découvrais cette fantastique nana, et qu’elle me confiait combien elle aimait WoMoz.

A l’occasion du Mozcamp Berlin, en novembre, avec Delphine, nous avons rencontré Sofien en chair et en os, ce qui nous a permis de formaliser notre venue, et ladite conférence sur WoMoz. Et nous voici, ce vendredi 20 janvier 2012, devant Melek, Marwa, Sahar… Et beaucoup d’autres étudiantes, et étudiants, en informatique.

Allez les WoMoz !

Avant même de commencer notre présentation, nous nous sommes rendues compte avec Delphine de son côté caduque. En effet, une partie de notre conférence consiste à pointer du doigt le manque de femmes dans les écoles d’informatique. Mais si c’est le cas en France, tel n’est pas le cas en Tunisie : nous avions devant nous autant de femmes que d’hommes… Nous avons donc décidé de ne parler que 15 minutes, et de consacrer le reste du temps imparti à discuter avec les personnes présentes. Pour comprendre cette différence, et voir ce que WoMoz pouvait leur apporter d’autre.

En dépit de cette différence, l’humour sous-jacent à notre conférence, les stéréotypes dénoncés, ont été bien accueillis. Nous avons senti que ces stéréotypes n’avaient pas de frontière, même s’ils se manifestaient différemment. En Tunisie, il est clair que les femmes sont bien acceptées en écoles d’informatique. Et même au-delà, puisque les étudiantes nous ont affirmé qu’une fois leur diplôme en poche, elles trouveraient le même type de travail que les hommes, et à salaire égal! Là encore, tel n’est pas le cas en France…

MAIS. Les trolls existent aussi en Tunisie, et nous avons eu la chance d’en avoir un. Un garçon courageux qui a dit tout haut ce que certains pensaient peut-être tout bas. Parlant de différence entre hommes et femmes, et s’interrogeant sur la nécessité de faire bouger les choses.

Les étudiantes présentes dans la salle nous ont expliqué que leur nombre était dû au fait que les écoles d’informatique sont vues comme étant réservées à l’élite en Tunisie : si vous êtes bonne en classe, vous allez en informatique… D’où cette parité homme/femme : toutes les personnes bonnes en classe, sans distinction de sexe, vont en école d’informatique. Mais ce que nous a dit le Troll, c’est qu’il trouvait qu’il y avait tout de même une différence : les hommes sont selon lui plus passionnés par le Logiciel Libre que les femmes. Il y a dans les écoles, d’après lui, plus d’hommes qui ont un Linux que de femmes. Ce constat, les étudiantes l’ont approuvé. En revanche, ce qu’elles n’ont pas approuvé, c’est lorsque le même garçon a vu cela comme une fatalité, comme quelque chose lié tout simplement au fait qu’elles sont des femmes.

La différence de passion vis-à-vis du Logiciel Libre peut venir, après réflexion, d’un inégal accès aux ordinateurs avant l’entrée de ces jeunes filles dans les écoles d’informatique. Peut-être sont-elles bonnes en classe, mais rien ne dit qu’elles soient familiarisées, autant que leur frère par exemple, au maniement des ordinateurs, au développement, etc. Et puis la pression sociale est là : si les femmes peuvent intégrer des écoles d’informatique, travailler… elles restent des femmes qui doivent aussi savoir tenir une maison, s’occuper des enfants, etc. Bien-sûr, les jeunes filles qui nous faisaient face avaient du caractère et étaient en l’occurrence des passionnées de Logiciel Libre. Mais toutes les femmes n’ont pas forcément le courage de casser les préjugés, ou de familles (ou de petit copain ;-)) qui les soutiennent… Et l’informatique ne sera alors pour elles qu’un travail, un moyen de gagner leur vie (ce qui est déjà pas si mal !).

Ce qui compte cependant, c’est justement la passion dont font preuve Melek, Sahar, Marwa et les autres : car elle est contagieuse cette passion ! Et elle est la preuve qu’elle n’est pas réservée aux hommes ! Nos nouvelles WoMoz ont donc convenu qu’elles allaient travailler là-dessus : à transmettre leur amour pour le Logiciel Libre à leurs amies, aux autres étudiantes, etc. Désormais, Delphine, moi, et les autres membres de WoMoz, seront là pour les soutenir et les accompagner !

Melek et Sahar... C'est beau la solidarité féminine !

Bienvenue les filles ! Vous êtes géniales !

Et voici nos slides avec Delphine :

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English translation by Tom Leaman (thanks!)

Delphine and I had the chance to go in Tunisia for 3 days, in january. It was marvellous! We gave a talk about WoMoz… Here is my report.

This conference was, originally, the main reason for me being in Tunisia. I spent nearly 6 months exchanging e-mails with Melek Jebnoun and I discovered a fantastic girl who really loves WoMoz.

At Mozcamp Berlin, in November, Delphine and I met Sofien in the flesh which allowed us to arrange our place and the WoMoz conference. And here we are, this Friday the 20th of January 2012, Melek, Marwa, Sahar… and many other computer science students.

Before starting our presentation, we realised with Delphine that it was quite inapropriate for Tunisia. Indeed, part of our conference consists of pointing out the lack of women in computer science schools. But if this is true in France, it’s not the case in Tunisia: we had as many women in front of us as men… We therefore decided to only talk for 15 minutes and devote the rest of our time to discussion with the people there. To understand this difference and to see what WoMoz can give to others.

Despite this difference, the under-lying humour at the conference, the denounced stereotypes, have been apreciated. We felt that these stereotypes had no boundaries, even if they manifest themselves differently. In Tunisia, it’s clear that women are well accepted in computer education. And even beyond, since the students told us that once they have their diploma in their pockets, they will find the same kind of work as men, and with equal pay! Again, this is not the case in France…

BUT. Trolls also exist in Tunisia, and we were fortunate to have one. A brave boy spoke certain thoughts out loud where others might whisper. Speaking of differences between men and women, and questioning the necessity to make things happen.

Students in the room explained to us that the reason for their number was because the computer schools are seen as being reserved for the elite in Tunisia: if you are good in class, you go… Hence this male/female parity: all the good people in class go to study computer science, without distinction of sex. But what the Troll said was that he still found a difference: men are more passionate about free software than women. In schools, he said, there are more men who run Linux than women. The students agreed with this observation. However, they did not agree that it was simply because they were women, as this boy did.

The difference in passion wrt free software could come, after reflection, from unequal access to computers before girls get to computer schools. Maybe they are good in class, but not as familiar, like their brother for example, with using computers, development etc. And then there is social pressure: if women can integrate into computer schools, work… they are women who must also look after the house, take care of the children etc. Of course, the girls we met had character and, in this case, passionate about free software. But not all women have the courage to break the prejudices, or families (or boyfriend ;-) ) that they support… And then computers will not be their way to earn a living.

What matters though, is exactly that passion shown by Malek, Sahar, Marwa and the others: because it is contagious! And it proves that it is not reserved for the men! Our new WoMoz members agreed that they would work on it: to transmit their love of free software to their friends, other students etc. Now, Delphine, myself and the other members of WoMoz will be there to support them!

Mozilla Tunisia Tour : ma présentation générale de Mozilla

Par défaut

Après la conférence de Melek, j’ai eu l’honneur de faire une présentation d’une heure sur Mozilla (c’est quoi, comment contribuer, etc.). J’ai déjà eu l’occasion de faire une conférence de ce genre au Sénégal. C’est toujours stimulant d’essayer de partager sa passion pour Mozilla et ses valeurs. Mais on a toujours peur aussi de donner des « fausses joies », peur que certaines personnes croient que Mozilla peut tout pour eux. Or Mozilla étant une association, elle n’a pas les mêmes moyens qu’une multinationale. Mais si Mozilla ne peut pas résoudre tout les problèmes du pays, elle peut participer a la préservation d’un écosystème récent. Et puis Mozilla a la communauté, et à la clef, des richesses humaines infinies ! En termes d’échanges, de relations humaines, pas de doute : Mozilla est au top !

En action...

A l’issue de ma conférence, j’ai ressenti un enthousiasme certain, et les jours suivants, plusieurs personnes sont venues me voir pour me parler de leurs idées de contributions, de leurs envies. Mission accomplie, donc :D

Le projet de portail francophone a également été extrêmement bien accueilli. Surtout l’idée de partager des ressources et des données en français. Cela va avec l’idée d’une plus grande accessibilité des technologies et de la communauté Mozilla. Tout le monde ne parle pas anglais. Traduire des ressources en français, en fonction des besoins des développeurs, des contributeurs francophones, peut permettre de faire tomber des barrières. Beaucoup de Tunisiens se sont dits motivés pour traduire, pour chercher des ressources qui pourraient servir au plus grand nombre, et pour les mettre à jour. L’entraide est en marche !

L’un de mes slides a beaucoup attiré l’attention : celui qui montre qu’en Tunisie, Chrome est largement en tête devant Firefox… Tristesse notamment de Moez Chakchouk (que je tiens à remercier pour son implication et pour sa gentillesse!), le président de l’Agence Tunisienne d’Internet, qui a hébergé le site miroir pour distribuer Firefox… C’est même le premier site miroir qu’ils ont hébergé après la révolution ! Alors pourquoi le Panda Roux n’est-il pas en tête ? Plusieurs explications, qui n’engagent que moi, mais dont nous avons discuté :

- Sur certains points, Chrome a pris de l’avance, et maintenant que les Tunisiens pensent pouvoir bénéficier d’un Internent non censuré, ils vont vers celui qui donne l’impression d’être le plus rapide

- Après la Révolution, nombre de Tunisiens ont entendu parler de Chrome, ils ont vu des pubs. Ce n’est pas le cas pour Firefox.

- J’ai l’impression que Mozilla n’a pas su, d’une certaine façon, accompagner la révolution tunisienne. On n’a entendu parler que de Twitter et de Facebook. Des Tunisiens m’ont même dit que Google les avait aidés à contourner la censure durant la révolution… Et pourtant ! Les valeurs de la révolution tunisienne étaient certainement plus proches de celle de Mozilla qui prône la liberté sur Internet, que de Facebook ! Dommage… Alors je ne suis pas technique, je ne sais pas ce que concrètement Mozilla aurait pu faire. Peut-être simplement parler d’eux, twitter sur eux, les contacter… Je ne sais pas. Mais maintenant, il faut les soutenir ! Maintenant que Mozilla Tunisia existe, que tous ces talents ont envie de contribuer, il ne faut plus les lâcher ;-)

Alors que faire pour que Firefox se développe en Tunisie ? Je pense que pour cela, Mozilla Tunisia est bien parti ! En organisant des événements de l’ampleur de ce week-end, en allant dans les écoles. Mais surtout : la communauté Mozilla Tunisia a une chance, celle d’avoir un jeune gouvernement sur lequel elle pourra peut-être peser, ou en tout cas, auprès duquel elle pourra se faire entendre. Se servir de l’expertise apportée par Mozilla pour défendre un Internet libre et ouvert à tous. J’y crois, et je sais que les représentants tunisiens de Mozilla aussi. En tout cas, ils sont prêts à se battre ! :D

Voici les slides de ma présentation :

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English translation, by Julia and cmal:

After Melek’s talk, I had the pleasure to give one about what Mozilla is, and how to contribute to it. I’ve already given a such talk in Senegal, and it’s always a challenge to share our passion for Mozilla, and its values. The fact is we don’t want to give false hopes ; we don’t want anyone to believe Mozilla can do everything for them. Being a non-profit organization, Mozilla has necessary less money than a big company. Although Mozilla can’t solve every problem, it can help preserving a new ecosystem. After all, Mozilla’s greatest strength is its community, which provides unlimited human resources. In terms of exchanges and human relations, no doubt: Mozilla is on top!
During my conference, I felt some enthusiasm. In the following days, many people came up with new ideas to contribute, and told be what they wanted in return. Mission accomplished :D
The project of a french-speaking website has also received very positive feedback, especially the idea to share resources and data in French. This goes along with the idea of a greater accessibility of Mozilla’s technologies and Mozilla’s community. Everybody does not speak English. Translating resources into French, depending on the needs of developers and volunteers, can allow to bring down barriers. Many Tunisians offered their help to find, localize and update resources which could be of any help. Mutual aid is running!
One of my slides drew the audience’s attention : in Tunisia, Chrome is well ahead Firefox… Sadness soon showed up on every face, especially Moez Chakchouk’s − by the way, I want to thank him for his involvement and his kindness! − who is president of the Tunisian Internet Agency (Agence Tunisienne d’Internet), which hosted one Firefox mirror… which was the first mirror site they hosted after the revolution! So why isn’t the Red Panda leading? I see several explanations, about which we discussed a lot:
  • On some aspects, Chrome is a step further, and now that Tunisians have the illusion of having an uncensored Internet, they use the fastest-seeming webbrowser
  • After the Revolution, many Tunisians heard about Chrome through advertisement; that did not happen with Firefox.
  • I have the feeling that Mozilla has somehow failed to support the Tunisian Revolution. People only heard about Twitter and Facebook. Some Tunisians even told me that Google had helped them getting around the government censorship during the revolution… And yet, values of Tunisian revolution were certainly closer to Mozilla’s than to Facebook’s, which does not promote freedom on the Internet. Too bad… Well I don’t know much about IT, so I don’t know what Mozilla could specifically have done. Maybe just talk about them, use Twitter, contact them… I do not know. But now we must support them! Now that Mozilla Tunisia exist, that all of these talented people want to contribute, we must not let them go.
So, how to make Firefox grow in Tunisia? I think that Mozilla Tunisia is already doing great! Organizing events, like when this week-end they went into schools, is great… But above all, Mozilla Tunisia’s community has a young government with which they can at least be heard, and on which they could weigh. They can use Mozilla’s expertise to promote and defend a free and open Internet for all. I believe it is possible, and so do they. Anyway, they’re ready to try as hard as possible.